haiti apres le tremblement de terre
Suite au tremblement de terre ayant frappé Haïti le 12 janvier 2010, Pyepimanla le Magazine Antillais d’informations met en ligne une édition spéciale consacrée à la tragédie.

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Pays sans filet

Ceux qui connaissent un peu l'histoire d'Haïti pourraient avoir regardé les informations hier soir en pensant, comme je l'ai fait pendant un moment : “Un tremblement de terre ? Quoi d’autre après ? La malheureuse Haïti est décidément maudite”.

Mais alors que les tremblements de terre sont des phénomènes naturels, l’extrême vulnérabilité aux tremblements de terre est, elle, d'origine humaine. Et l'histoire de la vulnérabilité d'Haïti aux catastrophes naturelles – aux inondations, à la famine et aux maladies ainsi, donc, qu’à ce terrible tremblement de terre - est longue et complexe, mais son origine semble suffisamment claire.

Haïti est un pays créé par d'anciens esclaves, par des captifs d’Afrique de l'Ouest, qui, en 1804, lorsque l'esclavage était toujours florissant aux États-Unis et dans le reste de la Caraïbe, se libérèrent de leurs cruels maîtres français et créèrent leur propre république. Les Haïtiens ont été punis depuis pour avoir réclamé leur liberté : par les Français qui, dans les années 1820, demandèrent et obtinrent paiement des Haïtiens pour l'ancienne colonie esclavagiste, appauvrissant le pays pour les années à venir ; par une occupation américaine, globalement brutale, de 1915 à 1934 ; par une mauvaise administration autochtone que le gouvernement américain a aidée et soutenue. (Dans les années les plus récentes, les administrations américaines sont passées d’un schéma de promotion à celui de sape de la démocratie constitutionnelle en Haïti.)

D'où l'état actuel des choses : au moins 10 000 organisations privées effectuent des missions prétendument humanitaire en Haïti, mais celle-ci reste un des pays les plus pauvres du monde. Une partie des fonds sur lesquels s’appuient les organisations caritatives privées provient directement du gouvernement des États-Unis, qui a insisté pour qu'une grande partie de cette aide retombe dans des poches américaines - pour un pourcentage plus élevé que celui de tout autre pays industrialisé.

Mais ce n'est qu'une partie du problème. Dans le domaine de l'aide internationale, beaucoup d'efforts, passés et présents, semblent avoir été condamnés dès le départ. Il y a les nombreux projets qui semblent avoir été conçus non pour servir les Haïtiens pauvres, mais plutôt les intérêts des personnes qui administrent lesdits projets. Plus important encore, beaucoup d'organisations semblent être dans l'incapacité - et certaines semblent tout simplement refuser – de créer des partenariats avec d’autres organisations ou, plus crucial encore, avec le secteur public de la société qu'ils sont censés servir.

L'excuse habituelle, qu’un gouvernement comme celui d'Haïti est faible et souffre de corruption, ne tient pas – c'est une raison de plus, au contraire, pour travailler avec le gouvernement. Le but ultime de toute aide à Haïti devrait être le renforcement des institutions, de l’infrastructure et de l’expertise haïtiennes.

Cette semaine, la liste des choses dont Haïti a besoin, des choses comme des emplois, de la nourriture et du reboisement, s’est soudainement encore plus allongée. Le séisme a frappé principalement la capitale et ses environs, soit la partie la plus densément peuplée du pays, où des organisations comme la Croix-Rouge et les Nations Unies ont leur siège. Un grand nombre des endroits – y compris l’hôpital central - qui auraient pu être utilisés pour secourir les sinistrés sont maintenant eux-mêmes des zones sinistrées.

Mais il existe des organisations d'aide effective qui travaillent en Haïti. Au moins une n'a pas été paralysée par le séisme. Partners in Health, ou Zanmi Lasante en créole haïtien, a été le principal fournisseur de soins de santé dans les zones rurales d'Haïti. (Je siège au comité de développement de cet organisme.) Il exploite, en partenariat avec le Ministère haïtien de la santé, quelque 10 hôpitaux et cliniques, tous loin de la capitale et tous encore intacts. À la suite de cette catastrophe, Partners in Health est probablement devenu tout simplement le plus important fournisseur de soins de santé encore debout dans tout Haïti.

Heureusement, il offre aussi un solide modèle d’indépendance - un modèle où seule une poignée d'Américains est impliquée dans les opérations quotidiennes, et où ce sont les Haïtiens qui mènent eux-mêmes le bal. Des efforts comme celui-ci pourraient être un moyen pour Haïti, alors qu’elle se reconstruit, de renouveler la promesse de sa révolution.

Tracy Kidder

Est notamment l'auteur de Mountains Beyond Mountains qui porte sur Haïti. Il a remporté le prix Pulitzer en 1982 pour The Soul of a New Machine. Dernier ouvrage publié : Strength in What Remains.

Article publié dans le New York Times du 13 janvier 2010.

Article traduit de l'anglais américain par Fabien Marius-Hatchi

Source

Une prière

jesus haiti

Hier soir avec mes enfants et mon mari nous avons fait une prière pour Haïti et les Haïtiens. Nous avons allumé une bougie pour eux, pour que Dieu les écoute, pour que les sauveteurs découvrent ceux qui sont ensevelis, pour que ceux qui sont dans le noir voient, pour les aider, pour les accompagner, pour les soulager, pour leur dire que en Martinique dans ma petite maison, nous pensons à eux, et que nous voulons être à leurs côtés.

Les mots me manquent pour exprimer ma souffrance mais elle est là car cet épisode m'a bouleversé... Mais il faut être fort... je suis prête à me mettre à la disposition d'une association pour porter mon aide à ce peuple qui souffre et qui a déjà tant souffert. Ayant habitée Sainte-Thérèse, j'ai grandi avec des Haïtiens et j'en connais plusieurs. J'ai beaucoup de respect pour ce peuple.


Sabine Andrivon Milton

haitiennes

Une grande tristesse

C'est une grande tristesse, 100 000 morts je peine à imaginer ce que cela représente, d’hommes, de femmes, d'enfants, de vie à vivre, d'espoirs avortés, en un instant envolé.

Comme toi j'ai prié pour toute ces vies détruites, pour que leur âme repose en paix, j'ai aussi prié pour les vivants car grande est leur souffrance


Dimanche, j'irai à la cathédrale afin que dans l'union nous partagions notre peine, pour que dans la fraternité et à l'unisson nos prières montent au ciel, vers celui à qui nous les adressons.


J'allumerai une bougie pour la lumière éclaire leur, chemin, une bougie pour que cette centaine de milliers d'âmes se trouvent réchauffées en amour et en pensée.

Et par la foi, je me joins à ton mari, tes enfants et toi qu’ensemble nous prions, atteignions cette dimension d’amour, faisant que bien que un, nous serions un million, que bien que seul, nous ferions foule, bien que moi, nous nous fondions en nous, accédions à des possibles ouverts qu’à ceux qui croient, qu’à ceux pénétrés de l’esprit de Dieu.


Evariste Zephyrin


 

L’enfer va-t-il encore danser sous nos pieds ?

Je suis de ceux et celles qui ont survécu au séisme du 12 janvier 2009. J’ai encore une maison. Ma famille proche est vivante, nous ne pleurons aucune perte. J’ai de la chance d’avoir encore de l’électricité et d’accéder à l’internet. Alleluia ! Quand j’ouvre mon pc et qu’un nouveau nom figure dans la liste de mes contacts en ligne, je respire un grand coup. Ayibobo ! Nous sommes deux familles voisines et nous mettons nos moyens en commun pour tenir.

Des secousses jusqu’au milieu de la journée, quatre jours après. Je suis traumatisée, j’en ai conscience mais je ne peux tout simplement pas retenir mon corps quand il panique. Je crois qu’environ deux millions de personnes souffrent du même traumatisme. Nous entendons le bruit sinistre qui vient avec la secousse et nous sentons la terre frémir sous nos pieds, mais nous ne savons pas toujours si la sensation est imaginée ou ressentie. L’enfer va-t-il encore danser sous nos pieds ? J’appelle cela le syndrome de la secousse.

Je souffre aussi du syndrome de la porte ouverte. Quand je suis dans la maison, je dois toujours avoir une porte ouverte sous les yeux. Pour courir plus vite que la mort. Une illusion pourtant. Les survivants ont survécu parce que les maisons sous lesquelles ils se trouvaient ne sont pas tombées. Les autres n’ont pas eu le temps de sortir. En quelques secondes, tout était fini, deux spasmes des entrailles de la terre et notre destin faisait une tête à queue. Nous dormons encore sous les étoiles. Dieu, ce que les nuits sont belles !

Dans les quartiers populaires du bas de Port-au-Prince, après quatre jours, les humains cohabitent avec les cadavres décomposés. La douleur mûrit, elle habite la ville. Les moyens du Centre National de l’Equipement sont dépassés, il faudrait cinquante fois plus de camions pour emporter, brûler ou enterrer les morts. Une odeur pestilentielle recouvre les quartiers les plus touchés, on ne peut les traverser sans vomir. Exode vers la province. Certaines rues sont bondées de gens qui vont dans toutes les directions. Il faut quitter la capitale, ces rues qui sont des veines éclatées. Les voleurs hantent le bas de la ville, on pille les magasins. On braque les piétons, on dépouille les gens du peuple du peu qu’ils ont.

ketty mars
Ketty Mars

Il y a des quartiers qui sont plus touchés que d’autres, mais tous sont touchés. Bidonvilles, bas de la capitale, quartiers populeux, quartiers résidentiels. Pour une fois en Haïti les clivages de société n’ont fait aucune différence, le séisme ne connait ni classe sociale ni couleur de peau. Nous pleurons tous des morts, chaque appel, chaque visite nous apprend plus de fatalités. Des blessures que nous ne pouvons encore vivre en toute conscience. Le choc est là, on voudrait en avoir rêvé. L’aide internationale est présente, le monde entier a entendu la rumeur qui a emporté Haïti dans ses profondeurs. Ce pays qui fait parler de lui toujours pour des raisons tragiques. Ce pays marqué du signe du sang. Les autorités sont dépassées par la situation. On n’entend pas le gouvernement. Il reste muet, il ne parle pas à son peuple. Il nous confirme sa faiblesse. Le chef de l’état ne sait pas trouver les mots pour parler au peuple, pour nous encourager, nous donner confiance. Nous sommes frappés à la tête. Nous, Haïtiens, avons jusqu’à présent le sentiment d’être livrés à nous-mêmes. Pourtant l’aide a débarqué et continue de débarquer massivement. Le gouvernement de la République Dominicaine voisine a été l’un des premiers à réagir, oubliant tous les conflits qui nous opposent à cause de la migration haïtienne qui est un problème économique et politique grave entre nos deux pays. Les États-Unis d’Amérique, la France, le Canada, l’Europe, le Japon, la Chine, tous se mobilisent, tous veulent faire atterrir des avions dans notre espace aérien bondé. Il n’y a plus de tour de contrôle à l’aéroport. Il y a même eu un incident diplomatique suite au refus de la part des autorités étrangères contrôlant l’aéroport de laisser atterrir un avion hôpital venant d’Europe.

Mais cette aide internationale ne coule pas dans les rues, pas encore de tentes, pas encore de dispensaires ambulants, pas encore de soulagement. Nos hôpitaux sont dépassés, plus de médicaments, aucun soin ne peut-être donné. Le peuple, la masse des sans-abris qui occupe les rues et les places publiques attend toujours, dans la peur et la frustration. Il y a toujours des hommes, des femmes et des enfants en vie sous les décombres. Pour eux, pour ceux qui les recherchent et les attendent, l’espoir diminue d’heure en heure. Ceux qui le peuvent quittent le pays par la frontière, l’exode à un autre niveau.

Sur les places publiques, des installations de fortune, on s’agglutine pêle-mêle. On fait ses besoins ou on peut. On a faim, soif, et on souffre. Et on prie, toute la nuit. Pour la cinquième nuit consécutive ils ont prié, les mains levées au ciel. Jésus !... Jésus ! Le nom sur toutes les lèvres. Nous avons trop péché, c’est la punition divine. Repentez-vous ! Une telle épreuve ne peut-être qu’une punition de Dieu, fatigué de nous voir pêcher. Difficile d’enlever cela des têtes, difficile de ne pas croire à la malédiction. Surtout quand 90% des églises chrétiennes sont tombées. Le combat du bien contre le mal. L’archevêque de Port-au-Prince a péri.

Où sont les vodouisants ? Aucun tambour n’a résonné dans la beauté des nuits criblées d’étoiles. La suprématie chrétienne se révèle dans toute sa puissance. En Haiti, le vodou évolue dans une certaine ombre, de façon mitigée, acceptée sur un plan esthétique et défendu par une génération d’artistes qui y voient un élément puissant de notre culture, un matière première au potentiel esthétique inépuisable ; mais rejeté par les chrétiens, particulièrement ceux des cultes réformés. Le vodou traverse notre structure mentale, l’haïtien est mystique de nature, il vit près de ses rêves. C’est pourquoi cet héritage spirituel ne peut pas disparaître de notre culture. Mais il vit en situation hypocrite. Ceux qui en ce moment prendraient le risque de faire un service vodou se verraient probablement lynchés. Cela s’est déjà vu dans des situations de crises politiques aigües dans le passé en Haïti. La foi vodou devra rester « underground », les esprits de nos ancêtres devront encore souffrir de la soif et de la faim.

haiti tremblement de terre


Alors qu’on se chamaillait pour les prochaines élections législatives, alors que les politiciens s’attrapaient par les cheveux pour quelques places au sénat ou à la chambre des députés, tout paraît a présent tellement dérisoire. Le pouvoir actuel veut se perpétuer, c’est une sorte d’instinct qui pousse le politicien haïtien à se déshumaniser. Toujours la même histoire du petit groupe qui veut tout garder, et garder le statu quo de la misère pour tous les autres.

Le gouvernement a été frappé de plein fouet. Presque tous les immeubles étatiques sont tombés, entrainant dans leurs chutes des dizaines, des centaines de cadres du gouvernement. La faiblesse des structures rend la distribution de l’aide internationale impossible jusqu’au matin de ce cinquième jour. Émeutes et pillages sont inévitables si la ceinture de sécurité de la ville n’est pas garantie par des forces militaires et policières solides. On attend des milliers de militaires américains dans les prochains jours. Mais la frustration en attendra-t-elle autant avant d’éclater ?

La société civile se réveille, cherche à se rassembler pour aider, monter des cellules d’urgence. Il a fallu enterrer les morts en vitesse ; il y a encore des milliers de corps sans sépultures à l’échelle de toute la capitale, de ses environs, des villes de Léogâne, vers le sud, de Jacmel au sud-est, de Cabaret, à l’Ouest et bien d’autres encore. Maintenant il faut concentrer toutes nos énergies pour un grand élan de solidarité, le plus grand élan de solidarité que notre histoire exigera de nous. Car les jours à venir sont sombres. L’année scolaire semble compromise, tous les services sociaux sont gravement touchés. Les épidémies nous menacent. Tout est à reconstruire dans un pays déjà pauvre, déjà touché par le sous-développement endémique. L’immensité de la tâche est écrasante. Mais il vaut mieux ne pas la considérer dans sa totalité, nous devons voir la première main à tendre, la première souffrance à soulager. Rester en vie et perpétuer la vie, un jour à la fois, une heure à la fois.

cathedrale de port au prince détruite

Nous sommes dans un instant de nos vies où seule la foi nous tient debout. La foi en un pays qui s’appelle Haïti et qui malgré tous les coups reçus, les coups qu’il s’est donné, ne veut pas mourir. Une nation née dans de drôles de circonstances, dans le feu, le fer et le sang. Une nation qui traîne un passé de gloire devenu trop lourd à porter. Ce tremblement de terre nous met à genoux, le nez dans la boue, dans la détresse la plus totale. Est-ce le coup de grâce pour Haïti ? Nous disons non. C’est peut-être une chance, une renaissance. Une force émergera peut-être de cette épreuve, elle fera peut-être tomber les bandeaux sur nos yeux, ceux qui nous empêchent de nous voir tels que nous sommes. Nous avons le droit à ce rêve de pure folie. Mais nous avons besoin de la force des autres avec nous, pour de vrai, pour longtemps.

Ketty Mars


Premiere parution en Allemagne (Die Zeit. Nr.4 S.41).

Photos 


eau en Haiti
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Reçu du ministre des Haïtiens vivant à l'étranger


foule  haiti

Chers compatriotes de la diaspora,

Il y a 8 jours, le mardi 12 Janvier 2010, notre pays a été durement frappe par un des plus meurtriers tremblement de terre de la planète qui a fait d’ énormes dégâts particulièrement a Port au Prince, mais aussi a Leogane, Jacmel et Petit Goave. Plus de 75,000 cadavres ont été déjà officiellement inhumes, sans compter, les victimes enterrées par leurs parents ou toujours ensevelies sous les décombres. Les estimations officielles prévoient que les pertes en vies humaines pourraient largement dépasser le chiffre de 100,000 personnes.

tremblement de terre en Haiti

L’appareil de l’état au lendemain de cette catastrophe était partiellement paralyse face a une situation d’urgences multiples: un pays sans communication, en grande partie, une capitale obstruée en plusieurs points par des décombres, des pilonnes électriques et des arbres; le palais national, la primature, le parlement, les ministères et services autonomes, la Direction Générale des Impôts (DGI), les résidences officielles du Président et du Premier Ministre effondrés ou in opérationnels en majorité. Des fonctionnaires, employés publics et policiers directement affectes et dans certains cas traumatises.

Parmi ces locaux, celui du Ministère des Haïtiens Vivant a l’Etranger (MHAVE) s’est écroulé avec une dizaine de membres de son personnel inclus le Ministre dans ses bureaux, sauves miraculeusement. Deux personnes ont pu être secourues sous les décombres. Malheureusement, deux autres ont péri. De même que le professeur Guercy Antoine, membre du cabinet technique, chez lui. Plusieurs autres ont perdu des parents et leurs maisons, notamment Sainthony Jeudi, responsable de communication, attriste par la mort de sa femme et son beau-père.

Parmi les victimes l’on compte aussi de nombreux étrangers résidents permanents ou fonctionnaires internationaux.

police haiti

Haïtiens. Haïtiennes ou descendants d’ haïtiens, ou que vous soyez dans le monde, tous, nous sommes durement éprouvés par cette cruelle et pénible situation. Nous pleurons nos morts, nous déplorons nos pertes diverses. Cependant, une fois de plus, nous devons et nous allons rebondir. Nous en sommes capables, parce que l'une des plus remarquables caractéristiques de notre peuple, c'est la résilience.

Le gouvernement a installe des le lendemain du séisme, un centre de gestion aux bureaux de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) prés de l’aéroport. La coordination est assurée par le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales pour un plan d’urgence qui compte avec la participation de la communauté internationale. Les interventions qui s’améliorent de jour en jour sont canalisées à travers ces filières: Sante, Eau et Assainissement, Aide alimentaire, Abris, Logistique, Reconstruction.

debrouille haiti

Le MHAVE, en partenariat avec d’autres instances publiques, particulièrement la Direction Générale des Douanes et la Protection Civile, assure la coordination de l’aide multiforme provenant de la diaspora. A signaler que des opérations médicales humanitaires sont déjà en cours en Haïti avec des associations professionnelles de la République Dominicaine et des Etats Unis. D’ un autre cote, plusieurs activités ont été lancées dans les communautés haïtiennes de l’étranger allant de l’assistance psychologique aux parents des victimes a des levées de fonds.

Des leçons d’événements précédents nous obligent néanmoins, à faire un appel aux leaders et organisations communautaires, a créer au niveau local, en diaspora, la synergie nécessaire pour une action concertée permettant en Haïti de faciliter la réception de l’aide combien importante des compatriotes de la diaspora afin d’accroitre l’efficacité des diverses initiatives.

soif

La mise sur pied de comites régionaux : Amérique du nord, Caraïbes et Amérique Latine, Europe/Afrique est à considérer, tenant compte, entre autres, des conférences annoncées sur la crise humanitaire haïtienne, afin de renforcer les capacités de mobilisation du MHAVE pour garantir la participation des compatriotes vivant a l’étranger dans les grandes décisions qui détermineront le futur du pays.

D’ autre part, après les premiers secours à la population sinistrée auxquels nous nous sommes attelles, une cellule de crise créée avec des agents du Ministère a déjà répondu à 82 cas de demandes de recherches de parents de membres de la diaspora, portées disparues.

La tâche est colossale. Sur tous les plans. Plus que jamais auparavant, le pays a besoin de vous. De vos dons, de vos investissements, mais autant, sinon plus, de vos bras, de votre matière grise, de votre esprit de créativité. En ce sens, toutes les facilites administratives sont garanties par le gouvernement pour l’encadrement des opérations humanitaires des haïtiens et leurs descendants vivant a l’étranger, et de nos amis de la société civile internationale.

En accord avec le gouvernement dominicain, l’usage de l’aéroport de Barahona situe a deux heures et demie de Port au Prince permettra de faciliter les démarches humanitaires entreprises par les haïtiens et leurs descendants de la diaspora.

haiti

En Haïti, les citoyens, toutes catégories confondues, font montre d’une solidarité exemplaire durant ces moments douloureux. Par ailleurs, nous comptons déjà sur des actions concrètes et des promesses de support international pour entreprendre, après l’assistance humanitaire d’urgence, de rebâtir notre pays, au propre et au figuré. Cependant, nous sommes convaincus que nous y arriverons plus rapidement et plus durablement avec votre participation active. L'heure a sonné.

Edwin Paraison
Ministre


Numeros de telephones disponibles:
631 479 3118 (Skype)
Tel 34 76 39 77 (VOILA), 36 73 29 69 (DIGICEL)

"La nature n'a pas de morale"

franketienne

"Il faut monter à pas de chat, veloutés." Barbe blanche de patriarche biblique et légèreté de jeune homme, Frankétienne, le plus grand poète haïtien, également peintre, grimpe tout doucement jusqu’au deuxième étage de sa villa de Port-au-Prince. Là-haut, ce n’est que fissures, failles, éboulis et il a fallu condamner le bureau avec vue sur le soleil couchant. Comment une si belle bâtisse, solide en apparence, construite en 1979 par son architecte de frère a-t-elle pu s’affaisser ainsi? "C’est dangereux. Tout s’est effondré, seuls les livres tiennent encore debout."

"Il faut survivre, on a l’habitude de la misère"

Quand tout fout le camp, il reste la culture. Le lendemain du séisme, l’écrivain et dramaturge créoliste, à qui l’on doit une soixantaine d’ouvrages dans sa langue maternelle, celle de la majorité de la population, celle que méprisent les élites, a accusé le coup. Cet auteur parfois hermétique, inventeur d’une esthétique du chaos baptisée "spirale" qui traverse aussi ses tableaux bicolores remplis de cercles et de mouvements, sait pourtant que "c’est la vie qui est comme ça, inaccessible, incompréhensible". "C’est vrai, j’ai pleuré. Je me suis senti déchiré, impuissant. Si on baptisait les tremblements de terre comme on le fait pour les cyclones, celui-ci aurait pour nom Belzébuth. Ce n’est pas une malédiction mais l’œuvre de la nature. La nature n’a pas de morale, elle ne veut rien, elle est." La secousse l’a pris par le col alors qu’il était en train de se faire interviewer par un journaliste portoricain. Le type s’est mis à prier. Lui s’est contenté de lui attraper le bras en s’accrochant très fort à un pilier. "J’ai eu peur, j’aurais pu crever."

Au matin, ses amis et fils spirituels, les écrivains Dany Laferrière, Lyonel Trouillot et Rodney Saint-Eloi, l’ont trouvé en larmes devant sa maison. "Je l’ai incité à sortir en lui disant que les gens avaient besoin de le voir. Lorsque les repères physiques tombent, il reste les repères humains. Frankétienne, cet immense artiste est une métaphore de Port-au-Prince." Ou bien la conscience même de la ville, qui exprime, par ses pleurs, la peine que l’homme de la rue cache tout au fond de lui. "Le détachement des Haïtiens n’est qu’apparent, explique-t-il. Bien sûr, il faut survivre, on a l’habitude de la misère, mais il y a une grande douleur intérieure que seules les nécessités du quotidien parviennent à éclipser."

En cette fin de semaine, alors qu’une vie amputée reprend peu à peu à Port-au-Prince, la vigie de 73 ans donne l’impression de livrer un corps-à-corps avec la bête qui gronde encore chaque jour, de petites en grosses répliques. Le soir, il dort tout au fond de son jardin, juste à côté du mur d’enceinte de sa propriété, pour éviter d’être piégé avec sa femme par un orage de béton. "On se met sur une dalle très solide. Aucun risque d’effondrement à cet endroit." La journée, alors que des ouvriers commencent à déblayer les gravats et les planches qui bouchent l’entrée de sa résidence, il se remet au travail à l’ombre de la terrasse. "Je prépare les répétitions de ma nouvelle pièce de théâtre. Il faut absolument qu’elle soit jouée. Je pensais le contraire la semaine dernière, mais j’en suis certain désormais: il ne faut pas annuler." Ecrit à l’automne, ce texte étrangement prophétique met en scène les survivants d’un séisme, d’un désastre écologique. Des hommes égarés dans un univers apocalyptique qui évoquent les naufragés haïtiens qui campent dans les parcs, les stades et les terrains vagues. "Ni dehors… ni dedans/Ni ici… ni ailleurs/Nous sommes partout et nous ne sommes nulle part/Jusqu’au fond de l’abyme/dans le royaume du rien/Les objets et les corps sont des ombres, des reflets dérisoires."

pleurs

Si, contrairement à nombre de ses concitoyens, il refuse de croire à une malédiction ("Dire que c’est une malédiction c’est dédouaner les vrais coupables de ce malheur"), s’il répète qu’un séisme peut frapper partout, Frankétienne, ancien opposant à la dictature Duvalier, tient les politiciens de son pays, des représentants de la bourgeoisie aux populistes, pour responsables d’une partie du chaos actuel. Urbanisme galopant, déforestation, absence de règles de construction ont transformé les collines pelées en toboggans mortels. "Nous avons salopété la planète", lâche-t-il. Pour cet homme issu d’une famille très modeste, né du viol d’une gamine de 16 ans par un riche Américain blanc, les dirigeants successifs d’Haïti se sont disqualifiés. Selon lui, l’erreur historique remonte aux lendemains de l’indépendance du pays, quand, au lieu d’inventer leur propre système, les esclaves libérés ont calqué les modèles existants. Cette erreur s’est répétée tout au long du XXe siècle. "Ni le populiste Aristide ni aucun de nos dirigeants n’a jamais su écouter le peuple, ses revendications, ses besoins. Ce sont des prédateurs, des voyous, des irresponsables. Où sont-ils en ce moment? Pourquoi voit-on si peu le président et le Premier ministre? Est-ce qu’ils ont peur? Est-ce parce que leur patron américain est là?"

"On ne peut pas se battre contre ce fléau tout seul"

leogane

Alors que le Vénézuélien Chavez et le Bolivien Evo Morales grondent contre l’invasion américaine, Frankétienne est au diapason de la majorité des Haïtiens. Pas dupe mais résigné: "Je suis lucide. Les Etats-Unis sont venus pour couper la route aux boat people." On n’entendra pas le vieux tiers-mondiste, fervent admirateur de la révolution cubaine aujourd’hui reconverti en militant écologiste et altermondialiste, s’emporter contre l’arrivée de l’Oncle Sam, c’est-à-dire du "patron des prédateurs internationaux, du gouvernement de la mondialisation". "Il y a un consensus relatif ici : on ne peut pas se battre contre ce fléau tout seul. Comme dit le proverbe haïtien: Ou ap fèmen baryè lè kabrit fin manje jaden ou! Ce qui veut dire: Tu fermes la barrière alors que les chèvres ont déjà mangé le jardin."

Devant leur terre émiettée, tous les Haïtiens jouent aux apprentis architectes bâtisseurs. Certains songent à transporter Port-au-Prince dans un endroit plus sûr. D’autres plaident pour l’instauration de normes antisismiques très sévères. Le dramaturge confirme que le petit Etat caribéen se trouve à un carrefour historique: "Si l’intervention humanitaire est bien menée, ça nous donnera du souffle. Sinon, ce sera la mort." Le défi est à la mesure de la secousse: il faudra gérer l’aide avec probité, mais sans être soumis au diktat américain. Un équilibre instable qui n’inquiète pas outre mesure le vieil écrivain. Après tout, son pays posé à califourchon sur une faille n’est-il pas apte à réconcilier les contraires? "A condition de sortir de la panne d’imaginaire qui nous paralyse." Même sonné, même inquiet devant les balafres qui lézardent sa maison, un poète reste un poète, qui préfère regarder les étoiles plutôt que le béton. Il l’a souvent répété: "Le rêve est incontestablement le premier des chemins qui conduisent à la liberté. Rêver, c’est déjà être libre."

Bernard Bisson


C’est ma race
Mon peuple
Ma famille
Qui gît sous les décombres.
Que Dieu nous vienne en aide !



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Retracement de la catastrophe


Mardi 12 janvier

Haiti tremblement de terre.


Mercredi 13 janvier

Haïti n'est pas le pire pays du monde
«J'ai vu la mort! J'ai vu la mort!»
Haïti - tremblement de terre - infos Serge Bilé
Haïti: Le représentant de l'ONU serait mort
Plus de 100.000 morts" selon le Premier ministre haïtien
Communiqué du M.I.M.
Haïti - tremblement de terre - infos Serge Bilé - 2
Le fil de l'actualité du tremblement de terre en video
Dons
Haïti: mizik la en dèy… la musique en deuil
«Restez debout», dit Michaëlle Jean aux Haïtiens
Tremblement de terre en Haïti
Communiqué de presse du Mouvement Démocrate GUADELOUPE du 13 janvier 2010.
Ce que je lis dans le ciel d’Haïti…
"La particularité du séisme d'Haïti n'est pas sa magnitude
Haïti : les écrivains d'Étonnants Voyageurs sous le choc
Hollywood se mobilise pour venir en aide à Haïti après le séisme
Le séisme replonge Haïti dans des heures noires
Haïti : le Pape lance un appel


Jeudi 14 janvier 

Tous ensemble pour Haïti
L'écrivain Georges Anglade est mort dans le séisme
“Ce n’est pas Internet qui ne fonctionne pas en Haïti, ce sont les moyens d’y accéder aisément”
100 000 morts au moins
Haïti - tremblement de terre - infos Serge Bilé
Dans Newsweek : Haïti, plein d’espoir hier, replonge soudain dans le chaos
Haïti, une histoire tragique
Haïti, la malédiction
L'aide française arrive progressivement en Haïti, 36 heures après le séisme
Communiqué de presse du Conseil Régional de Martinique
Séisme à Haïti
Risque sismique élevé sur Port-au-Prince
Port-au-Prince: «Certaines écoles sont remplies de cadavres»
Haïti: la douloureuse cohabitation des morts et des vivants
Haïti: messe à Notre-Dame de Paris



Vendredi 15 janvier

Une femme au milieu des décombres à Haïti ravagée par un séisme le 12 janvier 2010
Les Antillais solidaires de leurs « frères » haïtiens
Haïti, l'heure du deuil et de la prière
Haïti : colère et désespoir de la population, casse-tête logistique pour les secours
Sharing with you a very grim eyewitness
Je connais un mot ( HAITI)...
Tous ensemble pour Haïti
"Ça ressemblait à un bombardement pendant une guerre"
«L'odeur de la mort se répand»
Haïti : au moins 50.000 morts et 250.000 blessés
40.000 morts déjà enterrés à Haïti, 100.000 de plus redoutés


Samedi 16 janvier 

Pourquoi Aristide ne rentrerait-il pas chez lui ?
Jusqu'à 200.000 morts en Haïti, où les tensions s'avivent
Mobilisation et recueillement en France pour Haïti
Haïti: secours, dons, soutien moral, la mobilisation se poursuit en France
Haïti: La malédiction d'une île découverte par Napoléon
Haïti: Au milieu des ruines... une poignée de miracles
Le pays sera difficile à relever
Haïti: le manque d'eau potable met en péril les survivants du séisme
Haïti, un défi pour Barack Obama
L'aide afflue à Haïti, exode de rescapés vers les campagnes
Haïti : le témoignage bouleversant de l'écrivain Dany Laferrière
Haiti-Seisme : 3 jours après la puissante secousse tellurique du 12 janvier
L'histoire d'Haïti est un séisme permanent
Caraïbe : Aider Haïti
Haïti : File-t-on tout droit vers une mise sous tutelle ?
A l’appel d’Obama, Bush rejoint Clinton pour aider Haïti Barack Obama et ses prédécesseurs à la Maison Blanche, George W. Bush et Bill Clinton
Les sinistrés tentent de fuir Port-au-Prince, bousculade autour des secours
La population affamée dévalise les magasins éventrés par le séisme
Couacs et colère à l'aéroport de Port-au-Prince tenu par les Américains
Haïti : l'insécurité, premier obstacle pour les sauveteurs
Haïti : le chagrin et la colère des rescapés
Course contre la mort dans le chaos de Port-au-Prince
Haïti, c’est une longue (et terrible) histoire…
Un peuple rassemblé à Notre-Dame de Paris


Dimanche 17 janvier 

Réflexions de Fidel
Aider, bien sûr, mais pas n'importe comment
Nous ne voulons plus être un peuple objet"
J'ai besoin / I need.
La police tire sur des pillards, au moins un mort
Vaccines
Haïti : violences
" Comment ils ont ruiné Haïti "


Lundi 18 janvier

Haïti : vers une nouvelle occupation américaine ?
L'aide s'organise pour les sinistrés en Haïti, 70.000 corps enterrés
Pillages et affrontements en Haïti
Haïti : la situation des blessés et des sans-abri est désespérée
Un sismologue haïtien accuse : «On savait que ça arriverait»
Après le séisme, l'état d'urgence décrété à Haïti
Parmi les décombres, les miracles continuent
« Blackwater avant l’eau potable »
Haiti met à l’épreuve l’esprit de coopération
Léogâne, détruite à 90%
Sur le vif 18-01-10
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) poursuit sa mobilisation en faveur d’Haïti
L’exode des Français d’Haïti, retour de l’enfer
Haïti/dons par SMS: 140.000€ collectés
«Plus de 100 millions de repas seront nécessaires pour les 30 jours à venir»
Les Haïtiens tentent de donner du sens à la catastrophe
Urgence en Haïti - L'avenir du pays reste le plus dur défi
Soutien au peuple martyr frère d’Haïti
Tremblement de terre en Haïti - épisode 1 : la simplicité ou du flou de certains concepts pour les occidentaux


Mardi 19 janvier

Les Etats-Unis en Haïti, une question de leadership
Haïti avant, Haïti après : Cause toujours
Non ! Dieu n’a pas lâché Haïti. Ce sont les hommes qui ont mis ce pays à genoux.
Des Haïtiens de l'Université Laval dans le besoin
Un timbre pour Haïti
Haiti sur le vif
Que faire pour sauver les Haïtiens
Haïti : les oubliés du bidonville Delmas 32
Haïti : Ne pleurez pas pour eux, mais pleurez plutôt pour vous !
Le drame haïtien et la valse des hypocrisies : Le président Abdoulaye Wade et sa proposition indécente.


Mercredi 20 janvier 

L'exode  continue vers l'espoir !!!
Hoteline, une jeune Haïtienne sortie vivante des décombres
Les Haïtiens voient en Barack Obama un sauveur et l'un des leurs
Pa gen
Du ministre des Haïtiens vivant à l'étranger
Quatre questions sur les risques sismiques aux Antilles
Ne pas confondre Haïti et le Vietnam!
Haïti : Claude Ribbe tire sur Obama l'Africain pour mieux toucher Villepin le béké par alliance
Haïti, vivre avec la mort, par Lyonel Trouillot
La colère au réveil, par Lyonel Trouillot


Jeudi 21 janvier

Des afrovénézuéliens en concert de solidarité pour Haïti


Vendredi 22 janvier

La dette de la première république noire doit être totalement annulée
L'occultation
" A Port-au-Prince, les scènes et les odeurs contrastent ".


Samedi 23 janvier

Le gouvernement haïtien annonce la fin des opérations de recherches
Haïti: fin des recherches, 111.000 morts dans le séisme
Enfants disparus en Haïti
Haiti-Séisme : 90% de probabilité d’un nouveau tremblement de terre de magnitude 5.0, avant le 21 février
Toto Bissainthe - Lamize Pa Dous (Poverty Is Not Sweet)


Dimanche 24 janvier

Anne Cauwel : Honneur et respect pour Haït
Haïti: les rescapés prient pour les 112.000 morts du séisme
La complainte des Loas
Haïti, peuple héroïque et martyr
La relève des pompiers, dans une ambiance de fin du monde
Haïti-Séisme : Pénible réveil
Haïti: 150.000 morts confirmées par le gouvernement


Lundi 25 janvier

235.000 Haïtiens ont fui Port-au-Prince
Guadeloupe-Haïti : "Je t'aime, moi non plus"
Haïti: le président soutenu par sa femme
Haïti : Saura-t-on jamais combien de vie haïtienne Leonel Fernandez a permis de sauver ?
Séisme à Haïti : le Secours islamique en action
La terre a tremblé en Martinique
Danielle Oppliger: «Si vous saviez, c'est un pays fini»
Les Etats-Unis menacent d’emprisonner à Guantanamo les Haïtiens qui tenterait de quitter le pays
La qualité du béton et du fer expliquent l'étendue des dégâts en Haïti
Haïti : l'exode des survivants ne fait que commencer



Mardi 26 janvier

D’Ayiti en Haïti, le lourd passif colonial
La République dominicaine, voisine solidaire et base arrière des secours pour Haïti
Accoucher d'un "nouvel Haïti"
Le président Chavez supprime la dette qu’Haïti a avec le Venezuela et la réunion des pays de l’ALBA




Jeudi28 janvier


Solidarité au sein de la tourmente " : Cri déchirant du coeur d'une mère victime du séisme du mardi 12 Janvier 2010 à Port au Prince
En Haïti, "les esprits savaient"
« Le rôle des ONG en Haïti soulève beaucoup de questions »
Les mercenaires de la foi prospèrent sur les décombres
L'Afrique au secours de Haïti
Le vodou n'est pas responsable du tremblement de terre à Haïti
Les enfants volés d’Haïti
Patrouille de nuit dans Port-au-Prince
Les fous de Port au Prince
Haïti, année zéro
Haïti : 170 000 cadavres ont été ramassés, selon René Préval
La nouvelle miraculée d'Haïti, 15 jours après le séisme
Haïti, Année Zéro
Haïti-Séisme : du sexe sous les tentes et ailleurs


Haïti, une malédiction?


 La tentation est forte de voir dans ce terrible tremblement de terre le signe d'une malédiction. Nicolas Sarkozy, et bien d'autre, ont évoqué cette "malédiction". L’histoire de ce “bout d’île” est en effet marquée par les drames.

Avant 1804, date de l’indépendance d’Haïti, arrachée à la France,cette île était la colonie française la plus prospère grâce à la culture du sucre et du café. Plus de 2 siècles plus tard elle souffre d'émeutes de la faim.. De la prospérité à la faim. Après une  période de stabilité à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, Haïti a été l’objet d’une instabilité politique chronique. Pour s’en tenir au XXème siècle, elle a subi l’occupation américaine entre 1915 et 1934
puis à partir es années 1950, la longue période de dictature des Duvalier va plonger le pays dans la misère. Sur la période plus récente, Aristide élu en 1991 et renversé par un coup d’Etat: les Américains en accord avec l’OEA décident un blocus du pays qui met le pays au bord du chaos... En 1994, Aristide est réinstallé au pouvoir par les Américains mais quelques années plus tard, il doit s’enfuir en Afrique du sud accusé de corruption par une foule affamée...

Enfin en 2009, les émeutes de la faim à Port-au-Prince s’ajoutent a un ouragan meurtrier dressent un tableau apocalyptique de l’histoire
d’Haïti ...

Ce qui dérange dans l’idée de malédiction, c’est l’idée que Haïti serait “vouée” à souffrir, à vivre des drames. Comme si les événements politiques, sociaux et les mouvements des vents et de la croûte terrestre étaient liés...

Il y a quelques jours, Pat Robertson, évangéliste très à droite (voire même au-delà...) y voyait un châtiment divin contre un peuple Noir qui
a rejeté les Blancs. Et à Haïti même on y voit un signe divin, beaucoup de témoins présents racontent entendre partout dans les villes des gens prier... voyant un signe du pacte passé avec le diable pour chasser les Blancs à la fin du XIXème siècle.

En 1755, après un terrible séisme qui avait détruit la quasi totalité de Lisbonne, Voltaire avait rédigé un magnifique ‘POEME SUR LE
DESASTRE DE LISBONNE’  dans lequel, il rejetait, déjà, l’idée d’un châtiment divin...

"Direz-vous, en voyant cet amas de victimes:
Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes"?

Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants? »

Rejeter avec force l’idée d’une malédiction c’est ne pas se résigner.





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