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La hausse
des prix inquiète les Français
Alimentation, essence, immobilier... les Français
constatent au jour le jour les augmentations. Selon une enquête de
l'Ifop-Robeco, ils sont persuadés que la valse des étiquettes va s'accélérer et
ils comptent moins dépenser à l'avenir.
L'I
NFLATION est de retour. Les Français en sont convaincus. Selon une étude de
l'Ifop menée pour le compte de la banque Robeco*, la hausse des prix est même
en passe de devenir une de leurs préoccupations majeures.
Rien
de vraiment surprenant puisque, depuis la rentrée, les prix des produits
alimentaires et de l'énergie ne cessent de flamber. Et la question du pouvoir
d'achat - thème central de la campagne présidentielle - occupe toujours le
devant de la scène.
Pessimiste, l'écrasante majorité des personnes interrogées (94 %) est par
ailleurs persuadée que les prix devraient continuer à augmenter dans les douze
prochains mois. Le gouvernement est donc sérieusement attendu sur ce sujet
ultrasensible.
Les chiffres de l'Insee contestés. Le décalage est saisissant. Alors que
l'Institut national de la statistique annonce une inflation annuelle de 2,8 %,
la majorité des sondés (51 %) estime que les prix ont augmenté de plus de 4 %
l'année dernière. Et ils sont même 16 % à penser que l'inflation a crû de plus
de 20 % durant cette même période. « Il y a une telle différence que cela
relance le débat sur la légitimité de l'Institut de la statistique », explique
François Dabi, le directeur du département opinion publique de l'Ifop. Et de
poursuivre : « Cela prouve en tout cas qu'on ne peut pas réduire l'inflation à
un seul chiffre. Chaque personne perçoit la hausse des prix différemment. »
L'écart est particulièrement sensible sur certains produits (voir tableau
ci-dessus) comme l'alimentaire (16,8 % d'inflation perçue contre 4,8 %
constatés par l'Insee), ou encore l'immobilier (19,3 % perçus contre 2,9 %
annoncés par l'Insee). En revanche, la hausse des carburants met les Français
et les statisticiens presque d'accord (18,6 % de hausse pour les premiers, 15,1
% pour les seconds).
Moins de dépenses en perspective. Le retour de l'inflation n'est pas
sans conséquences. 46 % des personnes interrogées affirment qu'elles vont
changer de comportement. Et parmi elles, 61 % s'apprêtent à dépenser moins dans
les prochains mois. Une bien mauvaise nouvelle pour l'économie. En effet, c'est
la consommation des ménages qui tire la croissance française vers le haut. Tout
retournement de tendance aurait un impact négatif.
Les ouvriers et les non-diplômés sont ceux qui s'apprêtent à réduire le plus
leurs dépenses. Mais les cadres et les personnes qui gagnent plus de 4 500 €
net par mois sont eux aussi concernés puisqu'ils sont respectivement 53 % et 49
% à affirmer qu'ils consommeront moins pour faire face... Les Français sont
également prêts à puiser dans leur bas de laine, puisque 50 % affirment qu'ils
épargneront moins.
Le gouvernement doit lutter contre l'augmentation des prix. Alors que
l'inflation semblait être sous contrôle depuis plus de quinze ans, les pouvoirs
publics doivent à nouveau s'en préoccuper. 30 % des sondés estiment que la
lutte contre la vie chère devrait figurer parmi les actions prioritaires du
gouvernement en matière économique. Juste derrière le combat contre le chômage
et la relance de la consommation. Valérie
Hacot
*
Etude réalisée auprès de 955 personnes du 3 au 5 mars 2008.
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